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La région impliquée depuis plus de 30 ans à Haïti

par Nathalie Deraspe
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Article mis en ligne le 20 janvier 2010 à 7:59
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La région impliquée depuis plus de 30 ans à Haïti
La région impliquée depuis plus de 30 ans à Haïti
Le drame haïtien frappe l’imaginaire plus que toute autre catastrophe humanitaire survenue au fil des ans. Le tremblement de terre de la semaine dernière pourrait même surpasser le tsunami indonésien de 2004 en terme de victimes. Coup d’œil sur les initiatives locales.

L’ancienne femme d’affaires de Saint-Sauveur Monique Reid n’a pas attendu que le monde s’effondre pour s’impliquer à Haïti. Pour elle, tout a commencé en 1983, alors qu’un jeune missionnaire laïc a rencontré l’enseignant Eddy Pascal et choisi de soutenir ses activités éducatives. Aidée du curé Ronald Labonté, de la paroisse de Morin-Heights, elle fonde le Comité Haïti Laurentides. Depuis cette époque, Mme Reid se rend deux fois l’an vers Haïti, pour constater de visu les avancées des projets financés par la communauté laurentienne et apporter son appui moral à ce qu’elle appelle aujourd’hui sa «seconde famille».

Au fil des ans, plusieurs organismes se sont impliqués à soutenir les ambitions d’Eddy Pascal. C’est le cas notamment de la Caisse populaire de Saint-Sauveur, qui contribue à des projets d’alphabétisation et à une association locale qui, par le biais d’une cantine, s’assure que les jeunes écoliers aient le ventre plein.

Des écoles d’ici dans le coup

L’école alternative La fourmilière, située à Saint-Jérôme, s’est impliquée très tôt dans des activités de jumelage avec Haïti. Plusieurs enseignants de cette école primaire ont séjourné à de nombreuses reprises à Carrefour, ville de 334 000 habitants située en périphérie de Port-au-Prince et aujourd’hui à moitié détruite. Eddy Pascal a d’ailleurs visité les Laurentides à répétition depuis plusieurs années et la collaboration entre enseignants haïtiens et laurentiens ne se dément pas. Même chose pour l’école polyvalente Saint-Jérôme qui, par le biais de l’animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC) Manon Lefebvre, multiplie les projets associatifs.

Plus au nord, l’école A.N. Morin de Sainte-Adèle, organise des activités de financement depuis pas moins de 22 ans avec le Comité Haïti Laurentides junior. Depuis 10 ans, l’établissement a réussi à amasser 50 000$ pour le collège. «Au départ, confie l’AVSEC Michèle Boudrias, Eddy Pascal n’avait qu’une minuscule école primaire sur terre battue.» Aujourd’hui, le collège reçoit plus de 500 jeunes de la maternelle au secondaire et comptait jusqu’à récemment plusieurs étages garnis d’une bibliothèque, d’ordinateurs et de plusieurs salles de cours.

École effondrée

Mardi dernier, l’édifice construit en majeure en partie grâce à la générosité et la ténacité des laurentiens s’est effondré. Par chance, les classes étaient terminées à l’heure du séisme et les enfants étaient rentrés à la maison. On ne recense aucun blessé. Dans un courriel acheminé samedi dernier, Eddy Pascal indique que le centre communautaire tient bon. Tout le voisinage dort dans la cour de l’école préscolaire. On évite les maisons de peur que d’autres secousses ne viennent à bout de leurs structures fragiles. «C'est dans la petite école que nous gardons de la nourriture, précise l’enseignant. Toutes les banques sont fermées. Nous attendons que des activités reprennent. Ce matin, trois petits pains coûtent déjà 20 gourdes, soit 4 fois plus que d’habitude.»

Tous en mode alerte

Dès le lendemain de la tragédie, tous les groupes impliqués auprès du Comité Haïti Laurentides étaient en mode alerte. Bon nombre d’écoles multiplient les levées de fonds. Sachant que toute la communauté laurentienne est derrière lui, Eddy Pascal est bien déterminé à reconstruire son collège. Monique Reid prévient toutefois qu’une partie des dons qu’elle entend amasser dans les prochaines semaines serviront d’abord aux soins de première nécessité. «Un fonds spécial sera créé pour la reconstruction», précise-t-elle. À 76 ans bien sonnés, cette bénévole dévouée se rendra à Haïti en février et ce, malgré les scènes de dévastation qui l’attendent. «Ils ont eu 4 ouragans en 2008. Là, ça commençait à bien aller. Ils ont besoin de nous plus que jamais.»

Des collectes s’organisent ici et là. L’une d’elle a lieu jeudi midi à l’Hôpital laurentien de Saint-Agathe, à l’occasion d’un dîner spaghetti à l’intention du personnel. Des boîtes seront également installées pour recueillir les dons de la population. L’ergothérapeute Michel Noël de Tilly connaît bien Haïti. Il y a séjourné pour former du personnel médical. Son homologue, le Dr Marc Paquette, était là-bas au moment du séisme. Il agit à titre de coordonnateur des services médicaux pour Médecins du monde. Le comité exécutif du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme se mobilise en souvenir de son passage comme omnipraticien dans l’établissement de 1993 à 2006. Le comité exécutif du CMDP souhaite l’encourager dans sa mission en lui versant un fonds monétaire visant à encourager sa démarche dans cette vocation humaine. Une boîte de dons sera déposée à cet effet dans des endroits stratégiques de l’hôpital. Un souper spaghetti a également lieu au Bistro plein air de Val-David vendredi sous l’égide de Jacques Marenger. «Donnez, donnez, a indiqué Luck Mervil à Accès plus tôt cette semaine. Et organisez des spectacles! Vous savez comment on aime chanter et danser, nous, les Haïtiens!» Le message a été entendu par des artistes des environs, qui songent eux aussi à un tenir un concert bénéfice sous peu.

Adresse pour dons:

(Les reçus d'impôts sont faits pour des dons de 20$ et plus)



Monique Reid,

282 Chemin Beaulne Piedmont J0R 1K0

ou

Paroisse Notre-Dame des Monts

148 Watchorn, Morin-Heights J0R 1H0

Att; Monique Reid Comité Haïti Laurentides

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Richard de Lanauze

Commentaire mis en ligne le 26 janvier 2010
On ne le dira jamais assez, comme drame humain, difficile de frapper pire.

Et malheureusement, il n'y a pas de solution miracle. Certes, un tas de solutions à court terme pourraient être envisagés, mais nous parlons ici d'un peuple qui tient tout comme nous à ses racines.

Il n'y a pas de solution miracle autre que celle de se retrousser les manches, et d'un commun accord avec le peuple, entreprendre la reconstruction.

Cette terre décimée, ou la perte en vie humaine est une des pires connues, se doit d'être rebâtie. Nous ne pouvons lutter contre la nature, mais nous pouvons jusqu'à un certain point l'amadouer et vivre avec elle. Nous avons la technologie nécessaire, nous avons les ressources nécessaires, et mieux encore, nous avons le temps.

Même la volonté de tout reprendre ne manque pas! Il ne suffira que d'avoir en postes clefs, des preneurs de décisions ayant une honnêteté à toute épreuve.

Devant l'ampleur des dégâts et des travaux à faire, il pourrait être trop facile de verser dans une voie qui ne servirait encore une fois, qu'à quelques uns.

Nous, en tant d'individus, avons tous la soif d'aider de mettre la main à la pâte, mais nous n'en détenons pas les guides. Le peuple Haïtien devra t-il encore être à la merci de la finance, de politiciens véreux, d'usurpations de droits. Nous aurons tous le devoir d'être vigilant dans cette reconstruction.

En espérant toutefois, que dame nature nous laisse le temps.