La maladie : ça ne prévient pas, ça arrive ….

Par jocelyne-cazin

Mais quand même!  2011 nous saute dessus comme la plaie sur le pauvre monde. Jamais de ma vie n’ai-je été entourée d’autant de mauvaises nouvelles à la fois.  Mes amis, ma mère, tombent comme des mouches.

Je me croyais à l’abri de toute vicissitude. Après tout, je mène une bonne vie, comme on se plaît à dire souvent. Je voulais aussi penser qu’il en était de même pour tous ces gens que j’aime et qui font partie de ma vie. Mais non, rien à voir! La réalité nous frappe de plein fouet et prouve qu’on n’a pas toujours ce qu’on mérite. 2011, le numéro perdant. En tout cas, c’est mal parti!

Ma mère

Ce matin, je suis assise devant une mère souffrante et en observation. Son corps soudainement affaibli dans une civière d’hôpital, section «urgence majeure». Trois jours plus tôt, je vivais ma pause plaisir sans me soucier de ma mère. Cette femme, le cœur sur la main, prête à aider sans compter tous ceux qui souffrent. Femme forte, jamais malade en 84 ans de vie. C’est le côté chanceux de l’histoire.  Dimanche matin, le curé ne l’a pas vue à la messe. Pas normal. Ce lundi matin, c’est le coup de massue qui tombe : ma mère a une tumeur au cerveau. C’était ça son œil qui soudainement se foutait de l’autre! Nous devrons investiguer au cas où… Je n’ose même pas écrire le mot ici, car j’y serai obligée dans le prochain paragraphe.

Cancer

Le cancer ronge trois de mes amis. La maladie du siècle. Celle qui ne pardonne que quand ça lui plaît. Ni elles ni lui n’étaient prêts à recevoir ce fichu diagnostic. Imaginez! Lui s’était équipé de tous les plaisirs que la vie peut offrir lors d’une retraite bien méritée. Elle se transformait en «Snowbird» à l’approche de l’hiver et rêvait à sa première partie de golf.  Et l’autre encore, était heureuse de retrouver Bali pour une cinquième année avec son tendre époux. L’automne n’a pas été tendre avec eux.  Le porteur de mauvaises nouvelles s’est présenté sans vergogne pour livrer son inquiétant message. D’accord! Mes amis ne sont pas des jeunesses. On est dans le club des Tamalous (T’as mal où). La carte de membre offre une armada de bobos, tous plus insidieux les uns que les autres. On n’était pas obligé de les servir tous en même temps!

L’âge

Oui l’âge, mais pas toujours. Mon amie Édith apprend à 32 ans qu’elle vivra dorénavant avec la sclérose en plaques. Quoi! La SEP! Une maladie qui s’est déjà attaquée à trois autres amies depuis une vingtaine d’années. Une maladie encore incurable, mais où il est désormais possible d’espérer. Ce n’est pas une raison pour la foutre dans les pattes d’Édith.

Les services

J’arrive à l’hôpital en pleine période de crise, de congestion. Ça déborde de partout, dit-on dans les médias. À voir, on voit bien. Ils courent partout ces aidants, infirmiers, infirmières, préposés, médecins, tous ils accueillent avec empathie, oui je dis bien empathie, chacun des patients qui s’amène à l’urgence. Pourtant, tous ne sont pas des cas urgents. J’y ai vu des itinérants qui cherchent à se réchauffer. Des cas de grippes, des dizaines de cas de grippes. Que font-ils à l’urgence ? Leur médecin de famille, le CLSC, un bon lit accompagné d’un bon bouillon de poulet. Bref, tout sauf l’urgence non?

Ma mère est entre bonnes mains, plusieurs mains. Le temps est long. Le terme patient prend tout son sens depuis quarante-huit heures. Attendre la venue du spécialiste, attendre d’aller vers une chambre, attendre l’opération. Regarder les autres attendre. Avoir le temps de lire. 

Incroyable!

Dire qu’au CLSC de Saint-Jérôme des dizaines de personnes âgées en perte d’autonomie qui bénéficient d’un soutien à domicile n’ont pas reçu leur bain depuis presque deux semaines. Honteux pour une société dite moderne. Entendre qu’on était mal pris à cause du congé des Fêtes. Entendre que l’on excuse facilement ce genre de situation. Entendre que la directrice touchera tout de même sa prime au rendement. Tu parles d’un rendement!  À voir, on voit bien qu’encore une fois la déresponsabilisation règne en maître d’en haut jusqu’en bas. Où est la dignité ? Je ne m’y ferai jamais.

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