Louis Turcotte : Toujours là depuis 25 ans
Par Mathieu Laberge
Depuis 25 ans, le Sauverois Louis Turcotte organise des épreuves de sport d’endurance dans les Laurentides et aux quatre coins du Québec. Que ce soit en triathlon, duathlon, course à pied ou patin à roues alignées, des milliers de sportifs ont pris le départ d’une de ses épreuves. Retour sur cette longue feuille de route.
Un premier demi-Ironman québécois
Sportif, Louis Turcotte était avant tout un coureur qui avait une vingtaine de marathons à son actif. Lorsque la vague du triathlon happe le Québec pendant les années 1980, il saute à pieds joints dans ce nouveau sport et commence à participer à des courses de distance demi-Ironman (1,9 kilomètre de natation, 90 kilomètres de vélo et 21,2 kilomètres de course à pied) aux États-Unis.
Constatant qu’aucune course de ces distances n’est présentée en sol québécois, il décide de prendre les choses en main et organise le demi-Ironman de Sainte-Agathe au début des années 1990. La compagnie SporTriple était née. La 25e édition et dernière édition de l’épreuve agathoise a été disputée l’été dernier au Lac-des-Sables.
« Au départ, je ne croyais jamais me rendre jusqu’à 25 ans. (Pour durer), il faut avoir la passion. C’est un métier où l’on est sur le qui-vive monétairement, notamment pour les inscriptions qui arrivent à la dernière minute. C’est encore plus vrai lorsque l’on commence dans le métier. Après quelques années, ça devient moins énervant. »
Durant ses premières années à titre d’organisateur, Louis Turcotte partage son temps entre le monde du sport et celui de la restauration. Passionné, il lui arrive d’organiser une course le samedi au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour ensuite revenir à Saint-Sauveur tard dans la nuit et en diriger une autre au Mont Habitant le lendemain. Afin de ne pas attirer que l’élite, il ajoute des épreuves de plus petites distances pour attirer un public plus large.
« J’ai toujours voulu que les gens aillent jouer dehors. J’étais le seul au Québec à présenter une course de distance demi-Ironman, alors la crème des athlètes était toujours là. »
Parmi la première cohorte de l’épreuve de Sainte-Agathe on retrouve Pierre Lavoie, devenu aujourd’hui la figure de proue des saines habitudes de vie au Québec. Moins connu du grand public, on note également le Québécois Peter Reid, triple vainqueur du Ironman d’Hawaii (1998, 2000 et 2003).
La fierté de l’organisateur ne vient pas seulement d’avoir offert un tremplin pour l’élite québécoise, mais aussi d’avoir touché un grand nombre de personnes. « Je donnais une médaille à ceux qui participaient à leur premier triathlon à vie. Des années plus tard, un ancien participant est venu me voir pour me la montrer. Ensuite, il en a sorti une autre qui était celle du Ironman de Lake Placid. Je l’ai initié au sport et il s’est rendu jusqu’au Ironman. »
Une nouvelle réalité
Comme toutes les nouvelles tendances sportives émergentes, le triathlon s’est davantage structuré au fil des ans, tant dans son organisation que dans son aspect financier.
En août dernier, la compagnie qui gère la marque Ironman a été vendue pour une somme de 650 millions de dollars américains à un conglomérat chinois. Si le succès des épreuves Ironman et Ironman 70.3 de Mont-Tremblant ne se dément pas, est-ce qu’il reste encore de la place pour de plus petits joueurs comme SporTriple? Louis Turcotte croit que oui.
« Ils ont une qualité d’événement et la série Ironman 70.3 est très populaire. Ceux de distance olympique le sont moins. Il y a déjà de bonnes organisations dans des courses de ces distances. »
En plus des différentes nouvelles pratiques sportives comme les courses à obstacles ou concours de cross-fit, les organisateurs des épreuves d’endurance doivent faire face à d’autres défis, dont celui de collaborer avec les différentes municipalités.
La confrontation survenue l’été dernier entre les organisateurs locaux (SporTriple et Événements Top-Chrono) et la Ville de Saint-Sauveur qui exigeait un montant par participant est un autre exemple bien concret. « C’est choquant! On se l’est fait annoncer à la dernière minute. Aujourd’hui, je suis passé à autre chose », affirme celui qui a décidé d’annuler la présentation du duathlon de Saint-Sauveur à la suite de cette mésentente.
Ceci étant dit, Louis Turcotte ne compte pas s’arrêter là. Un de ses prochains projets sera une course de gare en gare sur le P’tit Train du Nord en septembre 2016.
« Ça va partir de Sainte-Agathe jusqu’à Piedmont et les gens pourront choisir quelle distance ils voudront faire. Ça ne sera pas chronométré et ça s’adressera à tout le monde. »
Et la retraite, c’est pour quand?
« La retraite? Je ne serais pas capable! » conclut-il en riant.