(Photo : Simon Cordeau)
André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Les défis de nos organismes, selon le préfet

Par Simon Cordeau (initiative de journalisme local)

(Écrit en partenariat avec la MRC des Pays-d’en-Haut.)

Les organismes de la région jouent un rôle essentiel dans notre communauté, soutient André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut. Pourtant, ils font face à des défis de taille, qui menacent leur capacité à remplir leur mission. Tour d’horizon.

D’abord, les organismes sont sur le terrain, auprès de leur communauté, ce qui leur donne un contact direct avec elle, souligne M. Genest. « Ils sont plus proches de la population. Ils connaissent les besoins des gens et la réalité qu’ils peuvent vivre. » Ce sont donc souvent les organismes qui font la liaison entre les besoins sur le terrain et les instances politiques comme la MRC. « Ils sont capables de nous faire le point. »

Le manque de relève

Pour fonctionner, les organismes font surtout appel à des bénévoles, qui offrent de leur temps pour supporter une cause qui leur tient à coeur. « Mais un grand défi, c’est qu’il y a de moins en moins de bénévoles », déplore M. Genest. « Les bénévoles vieillissent et ne sont plus capables. Donc ça va en prendre de nouveaux ! »

De nombreux bénévoles sont des retraités. Et bien qu’ils aient parfois de l’expertise très pertinente pour les organismes, ce n’est pas nécessairement dans ce domaine qu’ils veulent redonner, explique le préfet. « En fin de semaine, j’étais en train de dîner à Laurel. Et je discute avec un type qui était comptable et qui vient de prendre sa retraite. Je lui dis que ça serait l’fun qu’il prête son expertise. Il me répond : « Non, non. La comptabilité, je ne veux plus toucher à ça. J’en ai assez fait ! » », raconte M. Genest en riant.

Également, certains bénévoles portent à eux seuls leur organisme. « Souvent, ceux qui ont mis l’organisme en place, lorsqu’ils quittent, l’organisme se perd », faute de relève, explique le préfet.

Le besoin de locaux

Ces derniers temps, plusieurs organismes doivent déménager, parce que leurs locaux sont trop petits pour leurs services, indique le préfet. « Ils n’ont plus de place ! » Une façon de supporter les organismes pourrait donc être de leur offrir des locaux, soutient-il.

Il donne en exemple l’école Marie-Rose à Saint-Sauveur. Lorsque la nouvelle école primaire de Saint-Sauveur aura été construite, l’école Marie-Rose devrait être désaffectée par le Centre de services scolaire des Laurentides (CSSL). « Ce que j’ai compris de M. Gariépy [maire de Saint-Sauveur], c’est que le bâtiment servira aux organismes communautaires, pour qu’ils aient des locaux », explique M. Genest. Aussi, en regroupant plusieurs organismes sous un même toit, il sera possible pour eux de collaborer et de coordonner leurs efforts, croit-il.

Les efforts du financement

Le préfet explique que, pour les organismes, obtenir du financement est très exigeant en temps et en ressources. « Les gens passent énormément de temps là-dessus. […] Et ils ne savent pas s’ils seront financés ! » Pourtant, les subventions gouvernementales sont essentielles pour que les organismes remplissent leur mission et offrent des services.

De plus, la demande pour ces services va en augmentant, en raison de l’inflation et de la précarité actuelle de l’économie. « Quand les gens ont payé leur loyer, il ne leur reste plus grand-chose pour la bouffe. On en voit de plus en plus, même des jeunes travailleurs. Donc ils s’adressent à des banques alimentaires, et la demande explose », illustre M. Genest.

Ces défis, soit le manque de relève chez les bénévoles, le besoin de locaux plus spacieux, les efforts pour obtenir du financement, et d’autres, sont approfondis dans les pages de ce cahier. Bonne lecture !

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