La nouvelle vie de Jasey-Jay Anderson

Par stephanie-valois

Un an auparavant, il flottait encore sur son nuage avec sa médaille d’or olympique au cou qu’il avait tant méritée à Vancouver après trois précédents Jeux, trois tentatives où il avait véritablement échoué sa mission. Le Tremblantois Jasey-Jay Anderson, est depuis quelques mois retraité du sport. Comment vit-il sans cette quête olympique qui l’a tant animé pendant bon nombre d’années ? Entrevue-choc avec un ancien athlète qui a laissé son cœur parler à Accès.

«Mon année post-olympique est synonyme de beaux défis que je chéris» a lancé d’entrée de jeu le planchiste. En effet, entre quelques conférences dans lesquelles il partage son aventure sportive et le temps qu’il met au développement de sa bleuetière, il a lancé sa propre entreprise de planches à neige. Son désir de mettre en vente un meilleur produit pour les planchistes provient de son insatisfaction face à son équipement pendant sa carrière: «Heureusement que j’étais un athlète stable physiquement et psychologiquement parce que mon équipement en arrachait», confie Jasey-Jay Anderson. Créer sa propre entreprise demeure un défi de taille et l’ancien sportif en est tout à fait conscient: «L’entreprise a changé quelques fois de directions et son développement a été parsemé d’embûches, mais tout entre maintenant dans l’ordre» raconte le Tremblantois. Cette entreprise le sort de sa zone de confort de laquelle il s’ennuie…

Comme plusieurs athlètes qui ont connu un succès monstre et qui se sont carrément dévoués à leur discipline, la retraite cause un vide indescriptible. À chaque jour, ils retrouvent leur force intérieure qui les pousse vers la seule et unique cible: le but olympique. Malheureusement, malgré son expérience de commentateur sportif et quelques autres projets auxquels il a participé, jamais il n’a retrouvé ce sentiment comparable à celui qu’il ressentait en s’entraînant intensément: «En tant qu’athlète, nous cherchons des résultats physiques, tous les jours, ce qui est concret. Chaque descente est une bataille et l’esprit compétitif est là, en nous, toute la journée. C’est rémunérant intérieurement de chercher à s’améliorer», révèle Jasey-Jay.

Devoir se réinventer

Plusieurs psychologues et anciens athlètes avaient pris le temps d’avertir Jasey-Jay qu’il se devait d’anticiper la retraite: «On dirait qu’on n’est jamais prêt à affronter un tel revirement de cap» lance le médaillé d’or. La transition ne se fait pas aisément, mais elle se fait pour Jasey-Jay qui sentait bel et bien avoir une raison d’être en se présentant chaque jour aux entraînements: «Je dois désormais me réinventer et trouver qui je suis», dévoile Jasey-Jay. Loin d’être une tâche facile lorsque plusieurs considèrent qu’être athlète de profession représente la route pavée à la gloire et encore plus avec une médaille d’or olympique au cou! 

On ne s’en cachera pas, depuis la fin de sa carrière sportive, les commanditaires ont mis un terme à leur association avec l’athlète. Financièrement, c’est un peu plus ardu: «Je me sens égorgé en ce moment, surtout que j’ai dû mettre beaucoup d’argent pour l’entreprise de planches à neige», ajoute l’olympien. Il s’agit bel et bien d’une réalité dont font face ces athlètes lorsqu’ils prononcent le mot «retraite» pendant une entrevue, les fidèles collaborateurs financiers s’éclipsent. Contrairement à Alexandre Bilodeau qui connaît un épanouissement financier grâce à cette médaille d’or, Jasey-Jay n’a pas réussi à monnayer sa victoire: «Habituellement, je prends des vacances au printemps, cette année, c’est impossible».

Son voyage olympique

Le Tremblantois peut se compter dans les rares athlètes qui ont quatre participations olympiques en poche. Bien évidemment, il considère que la quête olympique représente une montagne de travail quotidien. Ses trois premiers Jeux olympiques ne se sont pas bien déroulés: «Ils ont été comme trois claques dans le visage pour moi» confie l’athlète de 34 ans. Les quatrièmes, il les attendait comme un enfant attend sa part de gâteau. Malgré tout, il n’a pas pu apprécier cette médaille d’or comme il l’aurait voulu: «On est poussé dans un tourbillon, sollicité par mille et une œuvres de charité que l’on souhaiterait pouvoir aider une par une». Son voyage d’athlète olympique, il ne le referait pas: «J’ai eu beaucoup de déceptions dans ma vie de sportif, songé quatre fois à la retraite». Peut-être le referait-il avec le bagage d’expérience qu’il a ? On ose espérer.

Pour l’instant, le devoir l’appelle: redonner au sport et à la société. Sa bleuetière permet aux gens d’éviter d’être nourris chimiquement dû à un environnement plutôt déplorable à son avis. Il compte aussi permettre aux sportifs d’être bien munis sur les pistes grâce à une planche à neige performante. Ce ne sont pas les projets qui manquent pour Jasey-Jay. Souhaitons-lui qu’il puisse trouver son petit bonheur à travers ses buts… 

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