La Pandora 24 vue de l’intérieur

Par Mathieu Laberge

À l’invitation des organisateurs de la Pandora 24, une course en sentier de 24 heu­res présentée au parc du Massif des falaises de Prévost, le représentant d’Accès s’est présenté à la ligne de départ en compagnie de 50 autres participants et d’une dizaine d’équipes. Récit d’une journée pas ordinaire où l’expérience humaine fut aussi grande que l’expérience sportive.

Un tour à la fois

Samedi 25 juillet, gare de Prévost, 10 h. C’est parti pour combien de tours au juste? Cinq? Six? Allons-y un à la fois, car la boucle de 10 kilomètres compte un dénivelé de 400 mètres. Le mot d’ordre aux deux premiers tours : prends ça relax et reste cool. 24 heures, c’est long!

En après-midi, je rattrape Dominic Melançon, un des organisateurs qui en est à son troisième tour. Comme il l’explique, ses deux collègues organisateurs et lui sont également des participants à la Pandora 24.

« Le format de la course est propice à ce que nous puissions y participer. En fait, on l’a créée un peu aussi pour nous autres, soutient-il en riant. Nous faisons des tours et s’il y a des questions, on peut y répondre. En vivant l’expérience de l’intérieur, nous courons avec les gens et nous voyons leurs sourires. Ils sont contents et nous avons leurs feedbacks. C’est ça notre chèque de paye! »

M. Melançon nous annonce aussi en primeur qu’un volet hivernal, la Pandora moins 24, fait partie des projets à court terme. Cette version hivernale présentera une boucle plus courte et serait d’une durée de 12 heures.

À la brunante

Pas pressé après le souper, c’est ensuite l’heure de la vaisselle. Le ciel s’en vient un peu plus gris et je repars pour un dernier tour sans oublier d’apporter ma lampe frontale, car le rythme de croisière est désormais d’un peu moins de deux heures au tour, contrairement au début où il me fallait une heure et demie.

Le premier tiers de la boucle se déroule très bien. C’est ensuite que les choses commencent à se gâter. L’énergie et la motivation baissent au même rythme que le soleil se couche.

Nous longeons un lac qui est retenu par un barrage de castors tout juste avant le ravitaillement de la mi-parcours. La bonne humeur y est contagieuse à cet endroit où des fruits, grignotines, eau et boissons attendent les coureurs. Oui, on ressent un nouveau souffle pour boucler le tour.

J’en profite pour faire un brin de jasette avec le bénévole Vincent Gauthier, un résident de Les Côteaux, en Montérégie, qui sera en poste jusqu’à minuit. Lui-même un ultramarathonien, il porte une casquette du Vermont 100, une épreuve à laquelle il avait pris part une semaine plus tôt. Et le 100, ce sont des milles, pas des kilomètres.

Même si cet athlète est à un niveau supérieur, aucune pointe de condescendance dans ses propos.

« Je reçois beaucoup lorsque je fais des cour­ses, alors c’est le fun d’en redonner. Les bénévoles peuvent faire une différence lorsque les coureurs vivent des moments difficiles. J’aime l’esprit de camaraderie et d’entraide que l’on ne retrouve pas dans tous les sports. »

Dans la section à contresens, tous les participants continuent de se saluer et à s’encourager. Avec leurs lampes frontales, on voit les coureurs arriver au loin, un peu comme des lucioles qui dansent dans cette chaude nuit humide de juillet.

Est-ce que j’irai courir à nouveau cette nuit? Peut-être, si l’insomnie se pointe, sauf que de savoir que j’ai déjà 50 kilomètres en banque me satisfait pleinement.

La fin, chacun à son rythme

Dimanche matin, après une bonne nuit de sommeil, je vide un bol de gruau et deux toasts en vitesse. Pas de café cette fois-ci… encore un dernier tour et ce sera terminé pour moi.

Les fortes pluies nocturnes ont laissé des traces dans une section du parcours où le sol est argileux. Le sentier est resté compact, sauf que le sol est glissant et collant comme le plancher des toilettes d’un bar miteux à 3 h du matin.

Je croise mon ami Jean-François qui aura servi de lièvre à Martin Colombe, un autre organisateur de la course, à qui il aura dicté le rythme pendant quatre tours. Le coorganisateur terminera avec 12 tours au compteur.

« Pas trop difficile de courir dans de telles conditions? », demandais-je à mon ami.

« Non, au contraire! C’était la pluie des dieux. On s’est mis en bedaine et c’était rafraîchissant! »

10 h dimanche matin, l’épreuve est terminée. Les visages sont cernés, mais souriants. Bock de bière à la main sur lequel le logo de la course est bien en évidence, les participants savourent leur précieux breuvage bien mérité.

Pas de bière pour moi. Pas que je ne la mérite pas, mais plutôt parce que c’est mon lit douillet qui m’attend qui me procurera un bonheur plus grand.

La Pandora 24

21 247,28 $ : montant amassé par l’organisation afin d’acheter de nouveaux terrains pour agrandir le parc et pérenniser sa vocation de protection.

130 : nombre de kilomètres parcourus par Benoit Beaupré, vainqueur de l’épreuve en solo.

300 : nombre de pieds de passerelles de bois qui ont été mises en place cette année dans les sections les plus humides afin de prévenir l’érosion.

1 : nombre d’ongle d’orteil du journaliste d’Accès qui est devenu bleu foncé.

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