Sur l’eau en attendant la neige

Par Mathieu Laberge

Au premier samedi de septembre, le mercure oscille près des 30 degrés. Une quinzaine de jeunes s’amusent dans un petit étang au pied d’un ancien centre de ski alpin de Saint-Hippolyte. Pas pour garder les deux pieds dans l’été alors que la rentrée scolaire est déjà amorcée, mais plutôt avec l’hiver en tête où ils pourront enfin retrouver les pistes de ski.

Bienvenue au centre d’entraînement d’Acroski Laurentides!

« L’été est le moment idéal pour l’apprentissage de nouvelles manœuvres acrobatiques, explique Philippe Morin, entraîneur de SWAT Freeski, un groupe qui s’entraîne régulièrement à Saint-Hippolyte.

On ne perd pas la progression annuelle des athlètes. Avant, les jeunes pouvaient pratiquer leurs manœuvres trois mois par année. Là, c’est pendant toute l’année et lorsque l’hiver arrive, ils sont déjà prêts. »

Une étape à la fois

L’apprentissage d’une nouvelle manœuvre se fait tout d’abord sur un trampoline et ensuite sur une rampe d’eau, où le saut doit être certifié. Par la suite, les athlètes doivent obtenir une autre certification, cette fois à l’entraînement sur la neige, avant d’avoir l’autorisation de tenter la manœuvre en compétition.

Un trampoline et trois rampes se retrouvent sur le site : une pour l’initiation, une plus haute et une autre dont l’angle de saut peut être modifié à l’aide d’un piston hydraulique. Grâce à cet équipement, les spécialistes des sauts, des bosses et du Big Air y trouvent tous leur compte.

« Ça donne vraiment une belle polyvalence au site d’entraînement. C’est grâce à Acroski Laurentides que nous avons un super beau site d’entraînement », poursuit l’entraîneur, ajoutant l’apport primordial de l’organisme dans les récents travaux de rénovation qui ont été faits.

L’aspect débrouillardise est aussi bien présent. Au premier coup d’œil, l’endroit semble un peu décrépit, mais qu’importe, il répond aux besoins des athlètes et entraîneurs.

Les jeunes sont chaussés de vieilles bottes et de skis souvent achetés dans des ventes de garage. Dans les skis, ils ont scié des trous afin de diminuer l’impact lorsque ceux-ci claquent à l’arrivée dans l’eau. Avant de s’élancer, ils glissent sur une rampe recouverte de brosses de plastique qui aura au préalablement été mouillée.

Pour toutes les disciplines

En ce beau samedi, deux autres groupes d’athlètes sont présents : l’équipe de ski acrobatique (sauts) du mont Gabriel, qui est supervisée par l’ancien membre de l’équipe nationale, Rémi Bélanger, ainsi que l’équipe du Québec de développement des bosses.

Le double médaillé d’or olympique Alexandre Bilodeau venait régulièrement à cet endroit afin de parfaire son entraînement, notamment parce qu’il est plus près de Montréal que les centres de Lac-Beauport et de Lake Placid (New York).

« Oui, le site de la région de Québec est plus moderne, sauf qu’il y a des coûts qui sont rattachés à ça », pense Philippe Morin.

Lorsque l’on sait que six des huit bosseurs de l’équipe olympique canadienne de ski acrobatique des Jeux de Sotchi ont été formés dans un club d’Acroski Laurentides et qu’ils sont passés par ce centre, force est de constater qu’il est un ingrédient essentiel dans la recette du succès.

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