Temple de la renommée du ski : Les femmes à l’honneur
Le Musée du ski des Laurentides a intronisé les soeurs Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe, Mélanie Turgeon et les jumelles Sharon et Shirley Firth au Temple de la renommée du ski des Laurentides. La cérémonie s’est déroulée samedi, 19 octobre, lors d’une soirée d’hommage aux femmes canadiennes dans le ski, qui fut haute en émotion au Sommet Saint-Sauveur.
« Ce soir, nous célébrons les incroyables contributions des femmes dans tous les aspects du ski, leurs réalisations remarquables en compétition sur la scène mondiale, et leur leadership en coulisse. Les femmes canadiennes nous ont toujours rendus fiers, que ce soit en ski alpin, en ski nordique, en ski acrobatique ou en snowboard », a souligné Guy Thibaudeau, président du musée, lors de la cérémonie.
La soirée servait aussi de collecte de fonds pour le musée, afin d’assurer son fonctionnement et la préservation de l’histoire du ski dans la région. « Nous devons recueillir environ 100 000 $ par année pour couvrir nos frais d’opération », a indiqué M. Thibaudeau. Celui-ci a estimé que la soirée permettrait d’amasser environ 30 000 $.
Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe
Les athlètes Michel Daigle, Marie-Claude Asselin et Jean-Luc Brassard ont présenté les soeurs Dufour-Lapointe et les faits saillants de leurs carrières. Parmi leurs exploits, celles-ci ont dominer le podium en ski acrobatique – bosses, lors de la Coupe du monde à Val St-Côme au Québec, en 2016, remportant les trois premières places.
M. Daigle a partagé les conseils de Maxime pour les futures skieuses acrobatiques. « Crois en toi. Mets de côté la perfection. Tu peux toujours en faire un peu plus. Et sois ouverte à faire de ton mieux. »
Maxime a indiqué que ses soeurs et elle étaient « surprises » de recevoir cet honneur. « Le ski, on a fait ça parce qu’on adorait ça du plus profond de notre être. » Justine, quant à elle, a souligné l’importance de la famille. « Je nous regarde ici ce soir. Et je me sens vraiment fière et privilégiée d’être intronisée à côté de mes soeurs. Parce que sans elles, je ne serais pas là. […] Pour moi, c’est la preuve que l’entraide entre femmes fait toute une différence dans une carrière. »
Le soirée rendait aussi hommage aux « ski moms » : les mères qui accompagnent les athlètes lors de leurs entrainements et de leurs compétitions. Les soeurs ont ainsi parlé avec émotion de l’importance sur leur carrière de leur mère, Johanne Dufour, décédée d’un cancer en mars dernier. « C’est très important pour nous aujourd’hui de la souligner. […] Je suis extrêmement fière de dire aujourd’hui qu’on lui ressemble énormément. […] Une de ses citations préférées, c’était : « On ne réalise rien de grand qui n’a d’abord été bercé par un rêve », a partagé Justine.
Mélanie Turgeon

L’athlète Erick Guay a présenté la skieuse alpine Mélanie Turgeon lors de son intronisation. Parmi ses exploits, elle est devenue en 2003 la championne du monde de descente à St-Moritz. « La carrière de Mélanie est tout simplement extraordinaire. Avec cinq titres nationaux et une carrière internationale distinguée, elle a inspiré d’innombrables athlètes par sa ténacité et ses compétences. Son dévouement à l’excellence, combiné à son esprit sportif inébranlable, a été une norme dans notre communauté », a souligné M. Guay.
Mme Turgeon était visiblement émue durant la projection de la vidéo sur les moments forts de sa carrière. Elle a parlé de deux athlètes qui l’ont inspirée dans sa jeunesse. À 8 ans, elle a rencontré et serré la main de la skieuse Laurie Graham, qui a semé une « grain d’inspiration » en elle. Puis à 16 ans, elle a participé au Championnat du monde senior au Japon. « Et ma coéquipière, Kate Pace, a gagné la descente. Dix ans plus tard, j’ai répliqué ce qu’elle avait fait. »
Avant sa descente, Kate Pace avait le poignet cassé, s’est souvenu l’athlète, ce qui a fait de sa victoire un exemple inspirant de résilience et de détermination. « Elle a quant même dit : je prends le départ et je donne le tout pour le tout. Et elle a gagné. […] Des fois, on a un genou à terre. Mais en se relevant, on devient toujours un peu plus fort. »
Sharon et Shirley Firth
La skieuse Nancy Greene a présenté les jumelles Sharon et Shirley Firth, skieuses de fond, dans une vidéo. Mme Greene n’a pu être présente à la soirée, étant au chevet de son mari. « Individuellement et ensemble, elles ont gagné 42 titres de championnes canadiennes, et ont représenté le Canada à 4 Jeux olympiques. Leur carrière est simplement extraordinaire », a souligné Mme Greene.
Les jumelles Firth étaient aussi les premières femmes autochtones à représenter le Canada aux Jeux olympiques, en 1972. « Je suis bouleversée et pleine d’humilité », a confié Sharon Firth en recevant l’honneur pour elle-même et pour sa soeur Shirley, décédée en 2013.

« C’est très important pour des femmes autochtones, comme ma jumelle et moi, d’être reconnues de cette façon », a souligné Mme Firth, qui a fait le voyage d’Alberta pour recevoir cet honneur, en entrevue. « À l’époque, on ne nous appelait pas des autochtones, mais des « Indiens » », a-t-elle rappelé. « C’était très excitant, parce qu’il n’y avait jamais eu d’autochtones à cet niveau-là auparavant. Représenter le Canada aux Jeux olympiques était formidable. »
Selon elle, les médailles gagnées par sa jumelle et elle ont permis de « mettre le Canada sur la carte », dit-elle avec fierté.
Hommage
Durant la soirée, Lucile Wheeler, la première canadienne médaillée olympique en ski alpin (descente) en 1956, a raconté les difficultés de l’époque pour faire du sport professionnel, alors qu’elle n’avait ni équipe pour la soutenir, ni commanditaires pour la financer.
En contraste, Laurence St-Germain, la dernière canadienne à recevoir une médaille, comme championne du monde en slalom en 2023, a souligné sa fierté de participer à cette soirée d’hommage. « Si j’avais pu parler à la moi quand j’étais jeune, en train de faire mon petit projet sur Mélanie Turgeon en première année, je pense qu’elle capoterait [rires]. »
« Ce qui m’impressionne le plus de Lucile, Nancy [Greene] et toutes les femmes intronisées ce soir, ce n’est pas juste leurs exploits sur les pentes. Oui, c’est beau les médailles et les titres. Mais c’est vraiment l’impact qu’elles ont eu pendant leur carrière et même après. Vous avez vraiment démontré que le talent, ça n’a pas de genre. Vous avez défié les stéréotypes, brisé des barrières et redéfini le rôle des femmes en ski », a souligné Mme St-Germain.
1 commentaire
Simon a très bien résumé le déroulement émotif de cette soirée à laquelle près de 300 personnes sont venues rendre cet hommage très spécial aux femmes dans le ski.
Aussi, du 1er novembre au 1er décembre, le Musée du ski des Laurentides présentera une exposition temporaire « Hommage aux femmes Canadiennes dans le ski » permettant à ceux et celles qui ont n’ont pu assister à la soirée d’en apprendre un peu sur ces femmes remarquables qui ont eue un impact dans le ski canadien. Exposition au Mussé du ski des Laurentides, 6 de la Gare, St-Sauveur..